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Retour de Vacances

août 8, 2011

Fin des vacances, les Diablogues du Vagin reprennent du service dès aujourd’hui. Avec des sujets d’enquête, des éditos, etc, en préparation. A venir très bientôt. Pour commencer, voici les petits papiers sur le monde de l’entreprise et les droits des femmes (et des hommes d’ailleurs) que j’ai publiés dans le dernier numéro de Causette, sorti début juillet 2011.

Au passage, je rappelle l’évènement de la rentrée : Causette passe en mensuel !!

Egaux en entreprise… seulement en cas de profit

Le décret d’application de la loi sur la réforme des retraites concernant l’égalité salariale dévalorise encore la gente féminine. La loi impose – en théorie – des pénalités financières, allant jusqu’à 1% de la masse salariale, aux entreprises de plus de 50 salariés qui ne réaliseraient pas de rapport de situation comparée avant le premier janvier 2012. Ce rapport de situation comparée, avec obligations chiffrées, date de 2001 et devrait être généralisé depuis fin 2010 ! Mais seules 30% des entreprises concernées en rédigent un aujourd’hui.

« C’est pourtant le meilleur outil pour vérifier l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes », d’après Marie-Jo Zimmermann, présidente de la délégation aux droits des femmes à l’Assemblée nationale.

En pratique, ce texte publié en juin introduit de multiples cas particuliers. La peine ne serait pas due dans le cas de « motifs économiques », c’est-à-dire la restructuration d’une entreprise, la reprise d’une société dans une autre structure et le passage d’un seuil d’employés à un autre. Nul doute que certains employeurs sauront profiter de la situation en freinant la promotion salariale de leurs employées.

Pour Marie-Jo Zimmermann, « le décret est si peu contraignant qu’il en est insultant pour les femmes ! Encore une fois, on fait comprendre que leur valeur en entreprise est plus faible que celle des hommes ».

Léa Lejeune


Parentalité – L’égalité par le congé

Et si on changeait la parentalité pour mieux l’intégrer à l’entreprise ? C’est la bonne idée du rapport de Brigitte Grésy, inspectrice générale des affaires sociales (IGAS), publié le 7 juin. Présenté avec la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, Roselyne Bachelot, il sert de base à la négociation tripartite entamée le 28 juin.

Assurément novateur, ce rapport ne se contente pas de proposer des « mesurettes » ciblées sur les femmes. Pour Brigitte Grésy, l’égalité au travail, comme l’égale répartition des tâches ménagères, s’obtient en agissant sur les deux sexes et sur les valeurs de l’entreprise. La mesure phare ? L’instauration d’un « congé d’accueil » de huit semaines pour les nouveaux parents. Le deuxième mois, facultatif, serait réservé aux pères. Une sacrée rallonge puisque le congé paternité dure, aujourd’hui, onze jours. Pas sûr qu’il continue de séduire 70% des pères comme en 2010.

En effet, les paternels mordus de boulot devront peser le pour et le contre. Que peuvent-ils y gagner ?

« D’abord, ce congé reste court et permet de renforcer le lien précoce avec l’enfant. Surtout, il les responsabilise. On observe souvent un décalage entre le discours des hommes qui aspirent à s’occuper des enfants et la réalité où ils tirent profit des rôles sexués. En les mettant face à la décision de placer leurs enfants en crèche, de forcer leurs femmes à prolonger un congé ou de prendre le leur, la question du partage des tâches dans le couple se pose plus tôt », affirme Brigitte Grésy.

Reste à convaincre les entreprises de sauter le pas. Si la Sécu devrait assumer la majorité des 250 millions d’euros de coût, les entreprises allongeront le reste.

« Mais la parentalité doit être un partenaire de l’entreprise, pas une prise de risque, poursuit l’inspectrice générale. Les salariés, hommes ou femmes, ne sont pas des êtres solitaires et hyperperformants. Au contraire, leur performance est déterminée par les aménagements qu’ils peuvent faire entre vie privée heureuse et vie professionnelle ».

Et qu’ils se rassurent, les employeurs devraient récupérer plus tôt les femmes qui cèdent leur place aux papas poules. D’autant que le rapport réduit du même coup le congé parental libre des mères de trois à un an maximum.

Léa Lejeune

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