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Tunisie: les femmes enquêtent sur les crimes de Ben Ali

février 25, 2011

L’association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) enquête sur les crimes commis  contre les insurgés par Ben Ali et son armée, notamment à Thala et Regueb (Est de la Tunisie). Dès le 15 janvier, après sa chute, des femmes affiliées à cette organisation indépendante ont recueillis des témoignages,  comme autant de preuves accablantes. Elles en ont dévoilé quelques uns la semaine dernière à la télévision tunisienne.

Anne-Emmanuelle Hassairi, militante à l’ATFD Tunis, a eu accès à cette enquête. Jointe par téléphone, elle transmet sa soif de justice issue de ces révélations.

Les femmes de l’ATFD continuent de recueillir des témoignages sur les crimes commis dans leur pays. Elles remettront prochainement  les résultats de leur enquête à la commission …officiellement chargée d’enquêter. Cette commission d’enquête sur les crimes commis par la police de Ben Ali, avant et pendant la révolution  du Jasmin, est aujourd’hui ensevelie sous les plaintes. Elle « mettra moins d’un an » à rendre ses conclusions. Autant dire une éternité pour le peuple tunisien oppressé pendant plus de 20 ans.

« Nous ne voulons pas tourner la page »

Anne-Emmanuelle Hassairi le martèle: « Certaines personnes voudraient passer à autre chose. Nous ne voulons pas tourner la page ». Le goût de la liberté retrouvée n’efface pas la soif de justice. Pour elle, le gouvernement de transition ne donne pas l’impression de rompre avec le régime précédent.

Les femmes doivent se libérer du féminisme d’Etat

Autre cheval de bataille des femmes tunisiennes : l’égalité effective des droits. Si la Tunisie a l’image d’un pays arabe favorable aux femmes, elle n’en reste pas moins rétrograde sur certains points. Une Tunisienne n’a, par exemple, pas le droit de se marier avec un non musulman. En matière d’héritage, les filles passent systématiquement en deuxième position : quand le fils hérite des deux tiers du butin, la soeur n’obtient qu’un tiers.

L’émancipation des femmes Tunisiennes n’est pourtant pas un mythe. Elle a été impulsée par l’Etat (de Bourguiba puis de Ben Ali), pas par la société civile. Depuis 1956, grâce au code du statut personnel, les femmes ont le droit de demander le divorce et la polygamie est interdite. Mais pour Ben Ali la libération des femmes ne devait pas dépasser les limites idéologiques et politiques fixées par l’Etat et sa conception de l’Islam. Anita Manatschal, chercheuse en Sciences Politiques, explique qu’en dehors du Ministère des affaires de la femme, les ONG féminines n’avaient pas voix au chapitre.

Depuis début 2011, les femmes ont largement participé à la révolution. Participeront-elles au pouvoir  ? « Le dictateur est tombé, pas les structures », constate Anne-Emmanuelle Hassairi. Dans le gouvernement de transition tunisien, il y a deux femmes sur vingt-trois ministres.

Ariane Lavrilleux

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3 commentaires leave one →
  1. Bertot permalink
    février 27, 2011 3:27

    Elles devraient également enquêter sur le rôle de la femme de l’ancien dictateur, et du clan de cette femme…

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