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Femmes secrétaires, hommes ingénieurs. Pourquoi rien ne bouge (ou presque) ?

janvier 3, 2011

Dessin François Maret

Aujourd’hui, près d’un travailleur sur deux est une femme. Mais elles occupent 60% des emplois non qualifiés et demeurent souvent cantonnés à des métiers dits « féminins ». Alors que les hommes investissent près de 300 métiers différents, les femmes n’ont le choix -ou ne choisissent- que parmi  seulement une trentaine  de métiers !

Les femmes auraient-elles moins de compétences que les hommes ?

Annie Dussuet, sociologue et chercheuse à l’Université de Nantes, a travaillé sur les différences de genres au travail, notamment dans son dernier ouvrage Travaux de femmes. Pour elle, les « compétences féminines » ne sont pas moindres, mais moins bien reconnues et valorisées professionnellement. (extrait de l’émission L’Europe selon elles)

Dans le secteur  de l’éducation-santé-action sociale, 74,9 % sont des travailleurs sont des femmes. Quand elles ne sont que 9% dans la construction. Dans le top 5 des professions féminines, j’ai nommé:
1. »secrétaires » et « aides à domicile » ex-æquo (98% de femmes),
2. »aides-soignants » (92%),
3. »infirmières, sage-femmes » (89%)
4. »employées administratifs d’entreprises » (78%).

Y a-t-il un management féminin… plus « doux » ?

Si les femmes sont encore minoritaires à diriger des entreprises, les engagements sincères et lois se multiplient pour leur faire plus de place, notamment dans les conseils d’administration. Michel Ferrary, chercheur et professeur de gestion à l’université Nice, a montré dans une récente étude que les entreprises du CAC40 les plus féminisées avaient de meilleurs résultats dans tous les domaines…sauf en bourse. En management les femmes auraient-elles plus peur du risque  que les hommes ? Les femmes seraient-elles plus raisonnables en affaires, insufflant moins de « testostérone » dans la sphère économique, pour reprendre les mots de Christine Lagarde ?

Attention aux analyses naturalistes répond Annie Dussuet :

Comme le rappelle Elsa Fanyer, le problème n’est pas de dire si les femmes contribuent positivement ou non à la performance des entreprises (c’est prouvé), mais le risque est de « renvoyer les femmes à leur naturel pour expliquer l’acquisition de leurs compétences professionnelles« . Puisque c’est par ce même processus qu’elles sont pour l’instant cantonnées à des emplois « d’aides-quelque chose ».

Inégalité salariale : une injustice plus insidieuse qu’une simple discrimination

Les femmes françaises gagnent en moyenne 27% de moins que les hommes. Mais cet écart salarial passe à 10% si l’on ne compare que les hommes et femmes à postes et expériences égales. Un chiffre loin d’être négligeable mais qui pourrait s’expliquer par « des effets individuels » mal saisis par les enquêtes statistiques (caractéristiques précises du poste, spécialité du diplôme…) et surtout  des pratiques « inégalitaires ou discriminatoires qui jouent en défaveur des femmes à divers moments de la carrière, voire en amont de la vie professionnelle », selon la sociologue Lara Muller.

Nous ne sommes plus dans les années 1960-70 où les femmes étaient vraiment considérées comme des sous-employées et donc sous-payées (le film « We want sex« , sur les ouvrières grévistes d’une usine Ford, est édifiant à ce sujet). Aujourd’hui, une discrimination salariale patente  sera condamnée aux Prud’hommes -si elle n’est pas réglée à l’amiable avant-.

Mais alors pourquoi les inégalités salariales persistent ?

Annie Dussuet.

La vraie question est : pourquoi les femmes représente 2/3 des diplômés du supérieur et seulement 17% des dirigeants d’entreprises ?

Ariane Lavrilleux

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3 commentaires leave one →
  1. Enzo permalink
    janvier 4, 2011 6:38

    Salut,

    « La vraie question est : pourquoi les femmes représente 2/3 des diplômés du supérieur et seulement 17% des dirigeants d’entreprises ? »

    Alors le féminisme, aujourd’hui, c’est permettre aux femmes de devenir dirigeantes d’entreprises ? Fut-un temps, le féminisme se battait pour l’autonomie « de la femme », pas pour lui permettre de faire carrière. Le conseil d’administration comme terreau de l’émancipation, trop chelou.

    En plus y a une grosse ambiguité de fond, dans cette histoire:

    1. Soit tu considères qu’il existe une « approche feminine » dont la nature diffère de l' »approche masculine », et qu’il faut se battre pour que les femmes accèdent au pouvoir. Au quel cas tu reproduit du sexisme et du machisme à l’envers.

    2. Soit tu te sers du féminisme comme d’un syndicat pour que les femmes, dans la lutte des genres contre les hommes, accèdent au postes de pouvoir et de responsabilité. Au quel cas tu ne fais pas du féminisme, mais juste du lobbyisme.

    Je trouve que ton féminisme est celui du MEDEF. Ton article témoigne, je trouve, de l’absence totale de boussole pour ce courant de pensée.

    A+
    Enzo

  2. mars 2, 2011 7:06

    Le fait est également culturel et encore profondément ancré :
    on incite pas assez les filles (les petites filles) à s’imposer.

    Un reportage E=M6 où l’on habillait un garçon en fille, puis on le laissait jouer… Il saccageait tout (normal…) et une femme disait : « c’est une fille ? Si c’est une fille, il faudrait la calmer. »

    Ma petite amie veut toujours que je fasse les tâches « dûres » à sa place… Et quand je fais quelque chose à la maison (cuisine, menage…) elle passe derrière moi.

    Paradoxalement, je tiens, moi aussi à avoir mes tâches ménagères !

  3. Arthur permalink
    avril 2, 2011 8:30

    Remarque de statisticien : plutôt que de voir un lien de cause à effet entre leur sexe et les meilleurs performances des patronnes, peut-être ne s’agit-il que d’une corrélation ?

    On pourrait émettre l’hypothèse que les femmes qui parviennent aux plus hauts échelons, sont en moyenne plus compétentes que des hommes qui auraient atteint les mêmes postes, compte tenu des obstacles supplémentaires qui se trouvent sur le chemin des premières ?

    Dit autrement, les femmes dirigeantes seraient meilleures parce que seules les plus excellentes d’entre elles arrivent franchir le plafond de verre. Alors que des hommes incompétents y parviennent aisément.

    A filtrage plus fin, meilleur échantillon.

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