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Femmes : les propositions qui seront obsolètes dans 40 ans

novembre 1, 2010

Publié sur

Le lien : http://www.rue89.com/2010/05/10/femmes-les-propositions-qui-seront-obsoletes-dans-40-ans-150888

En 1970, le magazine ELLE organisait les premiers états généraux de la femme. Pour recueillir les doléances, plusieurs questions étaient formulées par les journalistes du magazine d’Hélène Lazareff. Des questions devenues complètement obsolètes quarante ans après, alors que les deuxièmes états généraux viennent de se terminer. Quelles sont les propositions de 2010 qui paraîtront risibles en 2050 ?

1970 : adultère, conduite, travail

En 1970, on avait posé trois questions aux femmes :

► « Si une femme trompe son mari, est-ce une faute inexcusable dans tous les cas ou une faute plus ou moins pardonnable selon les circonstances ? »

La question est alors primordiale. Jusqu’en 1975, l’adultère est sanctionné d’une peine d’emprisonnement de trois mois à deux ans, selon l’article 337 de l’ancien Code pénal. Aujourd’hui, l’adultère n’est plus qu’une question de vie privée. Elle est parfois soulevée dans les disputes sur le partage des biens en cas de divorce.

► « A votre avis, les femmes sont-elles plus douées, moins douées, aussi douées que les hommes pour conduire une voiture ? »

On connaît le vieil adage « Femme au volant, mort au tournant » et les pubs provocatrices de Sixt. Comme si, moins concentrées, moins habiles dans leur gestion de l’espace, les femmes étaient plus susceptibles de causer des accidents.

Faux. D’après un rapport de l’ONISR (Observatoire national interministériel de sécurité routière) de 2008, la responsabilité dans les accidents de la route des femmes conductrices est moins grande que celle des hommes (41,5% contre 45,6%).

► « Estimez-vous préférable, dans l’absolu, qu’une femme exerce un métier ? »

Quarante ans après, la question ne se pose même plus. Le taux d’activité des femmes est de 65,9% en 2008, d’après l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques). Mais en 1970, on parlait encore de « liberté de choix ».

Une militante féministe s’insurgeait au micro des états généraux :

« La liberté des femmes de rester au foyer ou d’aller travailler, c’est une belle liberté, en effet. C’est pas une liberté du tout ! Vous avez la liberté de dépendre de votre mari, vous n’êtes pas payée ! » (Voir la vidéo sur Rue89)

Les états généraux sont donc ancrés dans leur époque. En 2010, les propositions ont été recueillies dans un livre blanc remis au Premier ministre, François Fillon, le 7 mai dernier. Elles sont chiffrées, concrètes pour la plupart. Mais peut-être seront-elles aussi périmées dans quarante ans.

2010 : salaires, entreprises et politiques

► Proposition n°3 : « Egalité de rémunération entre les femmes et les hommes. »

Ça fait des années qu’on en parle. Laure Ortiz, directrice de l’IEP de Toulouse et fondatrice de l’équipe de recherches féministes Simone, s’en désole :

« Il y a bien la loi Roudy de 1983 qui déclare que, pour un même travail, hommes et femmes doivent être rémunérés à la même hauteur. Mais aussi consternant que cela puisse paraître, elle n’est pas appliquée. Il reste un écart global de 25% entre les salaires. Peut-être parce qu’avec les temps partiels, les pauses dans les carrières, les charges familiales, les femmes n’ont toujours pas les mêmes emplois. »

A âges, catégories socio-professionnelles, conditions d’emploi, secteurs identiques, le salaire d’une femme reste inférieur de 8,2% à celui d’un homme.

En 2007, Nicolas Sarkozy, fraîchement élu, avait annoncé que la parité salariale serait atteinte en 2010. Il s’agissait d’imposer, par étape, des sanctions financières aux entreprises qui ne respecteraient pas l’égalité professionnelle.

Trois ans plus tard, cette promesse est toujours inscrite sur le portail Web du gouvernement. Et Laurence Parisot, présidente du Medef, présente aux états généraux, vient d’y apporter son soutien.

► Proposition n°7 : « Développer la politique des quotas dans les lieux de prise de décision : 50% de femmes dans les conseils d’administration. »

Rien de nouveau. L’Assemblée nationale avait déjà adopté, le 20 janvier dernier, l’instauration d’un quota de femmes obligatoire dans les conseils d’administration des grandes entreprises (40%). La France suit l’exemple de la Norvège et de l’Espagne. Laure Ortiz :

« On finit par croire à une politique de mesures positives contraignantes. Par expérience, je ne fais plus confiance à l’évolution spontanée des mœurs. Les quotas sont LA solution efficace. »

Bientôt, Anne Lauvergeon, présidente d’Areva et Patricia Barbizet, directrice générale d’Artémis, ne devraient plus être des exceptions.

► Proposition n°21 : « Elaborer une charte des bonnes pratiques à signer par les partis politiques. »

Avec 15% d’élues au Parlement, la France se situe à la 18e place sur 27 des pays qui valorisent les femmes en politique dans l’Union européenne.

François Fillon n’en doute pas : « C’est au sein des partis politiques que ce combat des femmes doit être conduit », a-t-il déclaré vendredi. Pour lui, seul « un renforcement très dur des pénalités financières pour les partis politiques qui ne respectent pas la parité » peut faire évoluer les mentalités.

En 2002, l’UMP a payé 4,26 millions d’euros d’amendes pour non respect de la loi sur la parité.

Léa Lejeune

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