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Vous êtes féministe, mais vous ne le savez pas

octobre 20, 2010

 

France, en Mai 1968

EDITO. Dire aujourd’hui « je suis féministe » est certes moins un acte de courage politique qu’à l’époque où vous risquiez la guillotine comme Olympe de Gouges. Mais ce genre de déclaration suscite toujours, au mieux l’étonnement (« ah bon tu te sens opprimée, là ? »), au pire le mépris (« donc tu veux remplacer la domination des hommes par celle des femmes, super ! »).
Dire « je suis pour l’égalité, mais surtout pas féministe », c’est un non-sens.

Le féminisme est votre livre de chevet et votre filme culte
Le dernier film que vous avez adoré met en scène des  femmes déterminées, qui agissent, intriguent, décident, bref tiennent brillamment le rôle principal (Volver, 2 millions de spectateurs en France).
Les monologues du vagin d’Eve Ensler, n’a pas seulement été lu et relu par les auteures de ce blog. Traduit en 50 langues, il a été publié dans 140 pays. C’est aussi une des pièces les plus jouée. De Broadway à Santafé, en passant par Voiron (près de Grenoble) et Paris, le public n’est pas que féminin. Pourtant il vient en masse écouter des femmes parler de leur sexualité. Celle qui se conjugue parfois avec plaisir mais aussi avec violence et domination d’hommes. Ce succès a permis à son auteur de financer des actions contre les violences faites aux femmes à travers le V-Day. Si le féminisme était une affaire de quelques excitées, pourquoi une œuvre qui diffuse ses valeurs aurait un tel succès ?
D’ailleurs, un récent ouvrage écrit par Anne Larue, professeure en littérature comparée, montre que le roman populaire s’est imprégné des combats féministes. Alors que dans les années 1980, le courant antiféministe reprend de la vigueur, le roman lui agit de manière souterraine (inconsciemment?) pour la libération des femmes. En diffusant des images de femmes libres, actives.
Vous vous nourrissez de féminisme et vous en redemander ! Pourquoi le nier ?!

La conquête de droits n’abolit pas 2000 ans de domination
Certes face à la loi, les femmes sont enfin sur un pied d’égalité avec les hommes.
Les femmes ont le droit de vote, de travailler sans le consentement de leur mari (depuis à peine 50 ans!), de conduire…et ont la liberté d’effectuer 80% des taches domestiques.
Les femmes ont le droit d’être élue, ont le droit de prendre la parole en public, ont le droit de diriger des entreprises…et la liberté des postes à responsabilités pour seulement 39% d’entre elles.

Certes le machisme ne fait plus consensus. Quand un prétendant aux élections présidentielles s’amuse de sa rivale socialiste, en disant « mais qui va garder les enfants? », il est raillé publiquement. Seul, il est contraint de nier pour mettre un frein à la polémique.
Que ce genre de discours choque est un premier petit pas pour l’Homme. Mais cela vous suffit-il ?
Combien de petites phrases quotidiennes machistes sont prononcées dans la chaleur d’un foyer, dans l’euphorie d’une réunion, sans être relevées publiquement ?
Etre gêné par ce machisme ambiant, c’est déjà être féministe.

Si vous êtes démocrates, vous êtes féministes
Le féminisme n’est pas une guerre contre des hommes ou l’ensemble des hommes. Mais contre les valeurs, usages, coutumes des sociétés patriarcales (toutes ne le sont pas !). Le féminisme n’est pas une affaire de femmes. Mais une affaire de démocratie, de défense des libertés dans la sphère publique et privée. Le machisme n’est pas réservé aux hommes, le féminisme ne l’est pas plus aux femmes. L’égalité est un principe qui n’a pas de sexe. Vous êtes pour l’égalité ? Alors vous êtes féministe. C’est un principe que seule une minorité conteste et contestera toujours.
Mais vous, vous êtes féministe, c’est un fait, une conviction. Reste à trouver vos propres moyens d’actions pour le mettre en application. Au quotidien.

Ariane Lavrilleux

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2 commentaires leave one →
  1. Enzo permalink
    janvier 4, 2011 6:52

    Salut !

    « Les femmes ont le droit d’être élue, ont le droit de prendre la parole en public, ont le droit de diriger des entreprises…et la liberté des postes à responsabilités pour seulement 39% d’entre elles. »

    Et si « les femmes » en avait tout simplement rien à foutre d’avoir des potes à responsabilité ? Et si « les femmes » ne ressentent pas le besoin d’être des « social Killers » (ce qu’implique nécessairement un poste à haute responsabilité), faut-il en conclure à leur domination ?

    Si, personnellement (et avec toutes celles qui n’ont rien contre le fait de devenir des « social killers », tu penses que le conseil d’administration de Véolia et le bon tremplin pour être émancipée, autonome, en phase avec toi même, etc., pourquoi étends tu ce jugement personnel à « toutes les femmes » ?

    Vu de loin, ca fait un peu la fille qui maquille ses ambitions (mot non connoté pour moi) derrière des revendications pseudo féministes. Tu donnes un peu l’impression de te cacher derrière « la femme ».

    A+
    Enzo
    ps: oui, je découvre ton blog aujourd’hui, d’où mes commentaires 😉

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  1. Le Féminisme préhistorique ou le tube de Cindy Lopes « _________Les diablogues du vagin

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